Lecture et congé parental

J’aurai pu appeler ce post « Lecture et congé parental ou la disette intellectuelle ». Depuis que je suis en congé parental (CP de son petit nom), ma passion pour les livres et plus largement, pour la lecture, est un peu mise entre parenthèses. Ce qui peut sembler paradoxal puisque, comme me disait dernièrement une amie : « Mais toi, t’as le temps, tu ne travailles pas, t’es en congé parental ». La pouf.

Oui, mais en fait, non.

Car, il y a un inconvénient majeur au congé parental : l’absence totale de temps libre. Finis les moments de calme et de solitude où tu peux t’enquiller magazine sur magazine, feuilleter un journal de bout en bout, lire un chapitre ENTIER sans être interrompue 2 fois par page. Avec le CP, tu vis au rythme de tes enfants et non plus selon tes envies. Et çà, c’est un peu le deuxième effet kiss cool.

Même si tu ne travailles plus, que tu n’as plus de patron qui te pourrit la vie, ni de coups de stress à cause de deadlines intenables, de réunions interminables, de courses effrénées dans les transports en commun pour arriver à l’heure, avec le CP, tu subis le joug d’une autre forme de tyrannie : tes gosses. Et ce, de leurs levers (7h) à leurs couchers (20h dans les meilleurs jours, oui je sais, je suis une vraie quiche niveau organisation). A la faveur d’une sieste, tu peux parfois t’octroyer une petite pause (= un temps pour ranger tout le foin qu’ils ont mis partout).

De ma vie de trentenaire, je crois que je n’ai jamais eu aussi peu de temps libre. Et force est donc de constater que je lis beaucoup moins.
D’abord, quantitativement : Bye, bye, les bouquins expédiés en 2-3 jours avec mes longs trajets en train, maintenant, quand j’arrive à lire un livre par mois, j’ai les larmes aux yeux de bonheur. 20. 20 mois de CP et aussi peu de livres lus. Je ne compte plus le nombre de fois où je commence un bouquin avec emballement pour le reposer quelques minutes plus tard, car « ce n’est pas le bon moment ». Une lecture qui se fragmente, 30 pages qui s’étirent sur des jours, pour ne pas dire des semaines. Avec pour conséquence une dilution de l’intrigue, une confusion (« Mais c’est qui ce personnage, on l’a déjà vu avant ? » au bout de 200 pages) et l’impression de passer un peu (beaucoup) à côté du bouquin. La fameuse PAL (Pile à Lire) qui ne descend pas, pire, qui grossit même du fait de mes achats compulsifs qui suivent cette logique implacable (si j’achète tous ces livres que j’ai envie de lire, je vais forcément lire plus !). Ha, ha, ha… ha.

Bon la quantité, voilà, mais alors en termes de qualité… Déjà que je ne lis pas tous les jours du Flaubert, mais là, c’est carrément l’encéphalogramme plat. Avec le CP, adieu mémoire et concentration, tu ne vis plus que dans la micro-tâche : checker ses mails ? ok. Balayer rapidement les sites d’informations généralistes ? Ok. Faire une partie de Candy Crush ou Ruzzle ? Ok. Vider le lave vaisselle ou mettre une machine de draps en route ? Ok. Lire (enfin) ce fameux article sur le boom démographique du Nigéria du Sciences et Vies de l’année dernière… Hummmmm… Je n’arrive pas à dégager du temps pour des lectures sérieuses, des écrits aboutis ayant un vrai fond et nécessitant une lecture active. J’ai désormais l’impression que ma cervelle s’est mise en pause, avec parfois une tentation à la décomposition. Un peu comme un fruit, qui chaque jour, deviendrait de plus en plus mou. Impossibilité de mettre mes pensées en ordre, de trouver les bons mots, de faire des connections logiques entre deux idées.

Je sais bien que tout cela est principalement lié à mon manque criant d’organisation. Que je pourrai profiter du temps où le petit monstre est à la halte garderie pour me mettre à lire au lieu d’aller faire les courses ou une autre tâche moins intéressante. De lire avant de m’endormir ou de me lever (et ainsi avoir la vie de couple d’un bulot…). Je suis toujours hyper admirative de ces parents (bon ok, carrément jalouse !) des ces mères (et pères aussi d’ailleurs) qui réussissent à profiter de leur CP pour changer de vie, se reconvertir professionnellement, mener des projets de bout en bout. Mais dans le même temps, cela me plonge aussi dans les abîmes de la culpabilisation, à la limite de la dépression, quand je compare leurs motivations avec mes journées centrées sur les enfants et le quotidien ménager.

Mais faut-il pour autant pleurer sur mon sort de cerveau de mollusque alors que je ne me sors pas les doigts (amis de la poésie, bonjour si vous nous rejoignez…) ?

Alors voilà, ce n’est ni le 1er janvier, ni le 1er septembre, mais j’ai pris de bonnes résolutions pour réagir :
1 / Loulou, tu vas aller à la halte garderie pour que Maman puisse écouter les podcasts du Masque et la plume sur France Inter.
2 / Maman, tu vas lâcher tes gosses et les confier plus souvent à tes proches pour te dégager du temps libre « spécial remise à niveau de cerveau », autre que celui (déjà mince) consacré aux activités sportives ou aux soins cosmétiques (Ha, ha, ha, si vous aviez ma photo sur le blog, çà vous ferait bien marrer !)

Quand je pense à tous ces livres qui m’attendent, j’ai envie de pleurer de joie !

Et vous, vous réussissez à lire autant que vous aimeriez ?

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